Contribution n°157 (Web)

Monsieur le Commissaire Enquêteur,

Tout d’abord, nous tenons à préciser que nous comprenons tout à fait le besoin de la municipalité d’anticiper l’agrandissement de la population du Beausset (village attractif du Sud de la France, à proximité du littoral). Nous comprenons également qu’avec un constat à 3.13% de logement sociaux alors que la loi impose 20 à 25% pour les communes de plus de 3500 habitants, il y a un retard à rattraper et que la révision du PLU semble inévitable dans ce contexte.

Néanmoins, nous avons plus de mal à comprendre comment la construction de 1087 nouveaux logements dont 883 en logements locatifs sociaux vont assurer :
– « l’équilibre entre les populations résidant dans les zones urbaines et rurales »,
– « la revitalisation des centres urbains et ruraux »,
– « la préservation de la consommation des espaces naturels et agricoles »,
– « l’amélioration des conditions de déplacement du trafic de transit, source de nuisances »,
– « les besoins en matière de mobilité »,
– « la favorisation des déplacements en modes doux sur le territoire communal, pour les déplacements au quotidien et pour les loisirs »,
etc.

SITUATION GLOBALE
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De notre point de vue, avant de penser à augmenter le parc immobilier dans des proportions si importantes, il est nécessaire de penser aux axes de circulation de façon globale : le village du Beausset connait déjà une circulation plus que compliqué aux heures de pointes, notamment avec la convergence de tous les axes majeurs vers le rond point Georges Pompidou.
En effet, il est souligné dans les rapports présents en annexes qu’actuellement, 74.6% des actifs travaillent hors de la commune et que 84.9% de ces derniers utilise la voiture comme moyen de locomotion…

C’est un fait, le village du Beausset est un vrai carrefour entre l’agglomération Toulonnaise et ses abords, la zone d’activité de Signes (et tous les poids lourds qui vont avec), le bassin littoral Saint-Cyr/La Ciotat, mais également les villes d’Aubagne et de Marseille qui sont complètement délaissées par les transports en commun. Il y a très peu d’offres et de continuité de service pour proposer une solution favorisant l’accès aux gares ferroviaires environnantes par exemple.

Dans tous les aménagements prévus par la révision du PLU, nous ne voyons guère de solutions pérennes pour répondre à l’explosion démographique qu’engendrerait la construction de tous ces logements en dehors de la vision purement immobilière (circulation/stationnement sous-estimé vu le nombre de voitures supplémentaires, développement de transport en commun, pénurie de médecins et de personnel de santé, capacité d’accueil des crèches/écoles, équipements dédiés aux loisirs, gestion des troubles à l’ordre public …)
Il semble évident que le nombre d’emploi au sein de la commune n’augmentera pas suffisamment avec les quelques commerces prévus en RDC de ces nouveaux logements pour répondre à cet afflux d’habitants. Tout ceci va donc aggraver la situation actuelle de la voirie et le pourcentage d’usager de la route circulant avec leur véhicule motorisé personnel.

Sur ce point précis, nous notons que la révision de ce PLU présente tout un axe de valorisation des panoramas et des entrées du village décrits dans l’OAP1,
et évoque la préservation de la trame verte et bleu. Pourtant, seule la création d’une voie de jonction avec la RDN8 (prévu en ER 49) et l’élargissement des chemin de pignet (ER 14) et de la croix-barry (ER 40) apporte un début de solution de contournement du fameux rond point Georges Pompidou. Mais alors pourquoi venir surcharger ce secteur en bétonnant l’un des seuls espaces verts accessibles facilement depuis le centre ville (utilisé par de nombreux piétons, cyclistes et collégiens) avec 250 logements sociaux en zone 2AUp, le tout dans une zone a très fort risque d’inondations ? Nous sommes curieux de connaitre le budget et les dispositions écologiques avec le passage du Grand Vallat pour gérer le problème (les pluies de mois de Mars/Avril ont laissé le terrain censé accueillir l’ERMS 5 en zone gorgé d’eau pendant plus de 6 semaines !!), notamment avec un focus tout particulier sur la création de la fameuse voie de desserte et aménagement paysager (ER 64).
Il y a déjà peu d’offres de mobilité douce et les seules pistes cyclables énoncées en ER61 et 62 sont clairement trop excentré pour amener une cohabitation sans danger entre les différents usagers de la route et les abords, d’autant plus dans un secteur de scolarité secondaire !
L’ERMS2 est dans la même veine de préservation de la trame verte et bleu complètement anéanti, où l’on vient créer 130 logements en bordure d’entrée de village à « valoriser »..

Et qu’en est-il des autres axes routiers principaux pour proposer des alternatives ou réseaux secondaires (avenue de la résistance et avenue de la 1ere armée) ? Ce ne sont pas les parkings de covoiturage (ER 39 [déjà existante mais non aménagé] et ER 55, trop excentrés) qui vont désengorger le centre veille. Les autres dispositifs de stationnement (ERs 51, 53 et 54) « accessible facilement » ne viendront jamais comblés plus de 2000 véhicules supplémentaires…

FOCUS SUR LE LIMITROPHE DE NOTRE PROPRIETE
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Nous avons acheté au début du chemin de la Daby (parcelle cadastre n°1115, zone UD) en 2021 en sachant pertinemment que la zone ERMS 6 était suceptible d’accueillir des logements avec une mixité sociale. Il y a cependant une différence entre un lotissement de quelques villas sociales présentés en 2021 et le projet présent dans ce PLU.

Parmi les nombreuses incohérences présente dans le PLU, le rapport de présentation mentionne la création de 128 logements répartis entre les ERMS 1 et 6 dont 74 en LLS (p.169) alors que le tableau (p. 188) présente ces zones comme 100% logements conventionnés… Ceci me parait contraire aux principes de « la diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale dans l’habitat » prôné par le PLU.
De même, la zone UD correspond aux zones à dominante d’habitat pavillonnaire de la commune dont la situation au regard de contraintes paysagères et/ou environnementales justifie le maintien d’un tissu urbain aéré : vu la surface totale de ces 2 ERMS, nous doutons également de la réalisation de logements respectant les 25% d’emprise au sol et le classement en R+1 avec une hauteur maximal de 7m. Pour rappel, la « préservation de la trame verte et bleue » présentée dans le PLU évoque un coefficient des espaces libres traités en espaces verts de pleine terre défini à 50% pour les zones UD, avec tout nouveau projet qui doit comporter une végétation d’accompagnement.

Nous ne connaissons pas l’ampleur du budget alloué au travaux d’agrandissement du chemin de la Daby à 8m comme stipulé dans l’ER 52 (et de toutes les expropriations que cela engendrerait) mais il faut savoir que si nous ne sommes pas catégorisé comme zone inondable, notre parcelle a tout de même fait l’objet de travaux lors de la division en copropriété en 2014 pour limiter l’écoulement des eaux sur les propriétés voisines, avec une pompe de relevage pour rejeter l’eau sur la rue. Or, il n’est fait aucune mention du raccordement à l’assainissement collectif (pas prévu sur la carte, inexistant sur la Daby) pour la zone ERMS 6 qui se situe tout en bas de la pente. La bétonisation à outrance va irrémédiablement impacté ce tissu urbain aéré et pertuber de manière encore plus conséquentes l’écoulement et l’évacuation des eaux pluviales.
Nous remarquons également que sur le plan de zonage globale présent en annexe, notre piscine et son local technique attenant construit sur notre terrain n’apparaissent pas alors que tout a été fait dans les règles par le précédant propriétaire, comme c’est stipulé dans l’acte de vente (extrait fourni en PJ). La proximité de celle ci avec la voirie nous préoccupe en vue de l’élargissement de la Daby.

Nous soulignons aussi que les aménagements routiers notés ER 65 et 66 semblent largement insuffisants pour prendre en considération l’augmentation du traffic routier que provoquera la mise en place des 128 logements. La RN8 est déjà très accidentogène avec le passage dense, régulier et à une vitesse excessive des poids lourds vers la zone d’activité de Signes, et celui des motards vers le circuit du Castellet.
Etant donné qu’il n’est prévu qu’une seule place de parking par nouveau logement (alors qu’un foyer possède quasiment toujours 2 voitures), le contexte du chemin de la Daby et du chemin des oliviers (avec la présence du CFA) ne permettra pas de répondre à la demande de stationnement supplémentaire résidentiel et de passage dues aux ERMS, en l’absence d’aménagement de parking public.

Enfin, certains organismes indépendants qui ont été consulté dans le cadre de la révision du PLU ont émis un avis favorable mais ils sont toujours assorties de réserves. Parmi ceux-ci, à titre d’exemple pour la zone UD, le Parc Naturel régional de la Sainte Baume ne semble en effet pas comprendre la délimitation des zones et demande des précisions, notamment sur les critères de classement des zones. Tous ces points et la proximité de parcelles appartenant à certains opposants a la municipalité est troublante.

CONCLUSION

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Tout cela semble bien précipité et pas suffisamment réfléchi : la zone d’accueil de la communauté des gens du voyage est un bon exemple du type de résultat désastreux lors d’un empressement démesuré et désorganisé de la municipalité en place. Dans la même veine, si le PLU est adopté en l’état, il signe la mort du petit village provençal tel que le connaissent depuis toujours les beaussetans historiques qui seront amener à quitter le commune et renforcera l’impression de village dortoir.

Cordialement,
M et Mme GOURAUD